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Un article de Les périphériques de Strasbourg vous parlent.
Inversons le sens de la marche du tram !
Notre mesure philosophique et fondatrice sera « d'inverser le sens de la marche du tram ». Beaucoup réagissent à cela en faisant remarquer que le tram fonctionne dans les deux sens déjà. Ils oublient de penser en banlieusards et ne pensent qu'en habitant « du centre-ville » qui sait qu'il ne passera jamais la nuit à Neudorf ou à Hautepierre. Nous voulons donner envie à tous les Strasbourgeois d'investir les périphéries et d'y vivre.
L’objectif du Groupe « Les Périphériques de Strasbourg vous parlent » est de favoriser la politisation d’une partie de la population qui habituellement ne s’engage pas dans le débat politique.
Nous n’avons pas la prétention de savoir mieux qu’elle ce à quoi elle aspire et ce qu’elle veut pour participer à construire le Strasbourg de demain. Cependant, nous avons l'ambition de pouvoir favoriser l’accès à une information, à une discussion et à un engagement politique plus affirmés et continus qui permettent à notre espace civique, démocratique et politique de rester vivant. Il s'agit ne pas se figer autour d’idéologies qui s'affichent et qui s’affinent de plus en plus de manière simpliste et manichéenne, du fait d’une compétition accrue pour la conquête et la préservation du pouvoir.
Nous voulons faire partager notre savoir-faire d’hommes et de femmes de terrain à nos concitoyens qui seront alors, chemin faisant, aptes à arbitrer de manière plus éclairée au moment de déposer leur bulletin de vote dans l’urne (à commencer par les élections municipales de 2008).
Il faut rendre les périphéries vivantes et attrayantes. Tout le contraire d'aujourd'hui, en somme. Demandons-nous simplement comment opérer cette révolution conceptuelle ? Les habitants du Centre se sont-ils jamais identifiés à ceux des marges ? Ou sont-ils si certains de la traduction de la blague juive à nos communautés musulmanes et d'origines étrangères : Quelle différence y a-t-il entre un tailleur et un psychiatre ? Une génération !
Passons aux ZAC (Zones d'Activités Civiques)
Nous publions ici une série de mesures non exhaustives à prendre à l'échelon municipal. Cette liste est destinée à n'être jamais figée ou finale. Ces idées sont destinées à être récupérées par tout un chacun. En parallèle, nous présenterons notre initiative lors de réunions publiques, dans la rue ou dans les colonnes des journaux indépendants. Nous escomptons aussi instaurer des conseils municipaux périphériques, amenés à se dérouler un peu avant les officiels, avec les mêmes ordres du jour. Nous publierons ainsi à l'avance ce qui se dira probablement dans les vrais et ce que les périphériques en penseront…
Propositions
Pour un espace public dédié au vivre ensemble
Il s'agit de pousser les habitants du Centre vers les périphéries. Celles-ci peuvent être rendues attractives par la création d'infrastructures culturelles (cinémas, théâtres, bars, centres médico-sociaux, postes de police ouverts 24 h/24, associations libres et créatives subventionnées pour 3 à 5 ans). En y ajoutant ces quelques mesures :
- Suppression des dispositifs de vidéosurveillance publique et réutilisation des caméras, soit pour les placer dans les conseils d'administration des entreprises installées sur notre territoire urbain, soit comme cadeau à des collectifs artistiques, chargés de produire une oeuvre qui s'installera dans l'espace public, devant interroger la société de surveillance.
- Suppression des bancs anti-sdf : Le retrait de ces antibancs se couplerait à l'installation de nouveaux bancs pour les amoureux qui se bécotent (et pour les autres aussi) dans les endroits les plus impromptus, histoire d'apprendre à regarder autre chose que des cartes postales. Plus généralement, il nous faut reconstruire des espaces conviviaux au coeur des quartiers.
- Afin d'éliminer la morosité ambiante, exonérons de taxe professionnelle les magasins de déguisement et de farces et attrapes.
- Réintroduction de parcelles cultivables en ville. 1 grande parcelle par quartier au moins confiée à un collectif d'habitants, et installation partout de micropotagers biologiques (voir les recommandations de la fao et le programme qu'elle a mis en place à Caracas). L'alimentation ne sera plus qu'une somme de produits transformés sous vide. Les tout neufs bassins d'eau de la place Kleber seront transformés en jardins partagés. La place de l'étoile en espace mixte : potagers et « esplanade verte » (sur le modèle des jardins de la Crapaudine à Nantes).
- Affecter tous les espaces verts résiduels (pelouses décoratives, ronds-points, talus routiers, etc.) au jardinage communautaire. Jardins décoratifs ou vivriers. Une façon de recycler les déchets organiques ménagers sous forme de compost.
- Grand programme de soutien au réseau amapalsace. Les amap (Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) redynamisent les campagnes, rendent fertiles les sols, sont des circuits courts de distribution, et freinent l'extension urbaine. La restauration de toutes les structures dont dépendent la cus se fournira essentiellement dans ces amaps, auprès de producteurs locaux, ou au pire en alimentation biologique.
- Tourisme. Nous proposons de réduire aux 24 et 25 décembre les festivités de Noël organisée par la ville, et que la ville prenne en charge l'édition de guides touristiques « oubliant » le centre-ville, avec des circuits de promenades aléatoires et sous contraintes jubilatoires. Destinés prioritairement aux habitants de la cus. Il s'agira d'imaginer un tourisme évitant la « dysneyfication » du centre-ville et de nos vies, un tourisme local moins polluant.
- Nous remplacerons tous les panneaux autoritaires pelouse interdite » par des panneaux plus gentils, encourageant les passants à rêvasser, s'intéresser à la botanique, lire et profiter du soleil.
Ilot de l'Aubette
Le projet de galerie commerciale franchisée de luxe de l'îlot de l'aubette doit être stoppé, et un moratoire sur l'installation de tout nouveau commerce « généraliste » franchisé décidé illico. L'espace de l'aubette, qui appartient à la mairie, coeur du centre-ville doit être à nouveau tourné vers la cité, et pourrait se décomposer en plusieurs espaces, prêtés à différentes structures :
- Le Carrefour: Espaces de travail pour les associations et structures qui retissent du lien social sans tout déléguer à des salariés (crèches parentales, systèmes de partenariat étudiants/retraités, amap, afev, journaux de quartier, assos de quartier, espace d'apprentissage de réparation de vélos). La mairie offrirait une aide logistique et humaine. Intégration d'une micro-imprimerie.
- Le Clair: Salles de débats de différentes tailles, qui auront pour mission de faire le clair, la lumière sur toutes les questions susceptibles de concerner notre vivre ensemble. Réservées aux collectifs, assos, universités populaires. Lieu de stages civiques : Désobéissance civile, d'alternatives non violentes, de connaissance du droit, etc. Le tout fonctionne en autogestion (voir le fonctionnement du Molodoï)
- Monopri: petite boutique où tout est à 1 €. Permet de casser la croûte de produits locaux.
- Aux champs : Brasserie et lieu d'échange potager. Ce serait un point de dépôt amap et paniers paysans, et une brasserie populaire et pas chère (le loyer serait gratuit) fonctionnant comme chantier d'insertion, qui ne cuisine qu'avec des produits locaux et bios.
- Le Casino : Lieu de détente et de jeux pour tous (type ludothèque ou maison des jeux), chargé de faire vivre le patrimoine ludique local et mondial.
Le but de ce contre-projet de l'Aubette est de réinventer un centre-ville vivant, où peut converger facilement tout un chacun. Il s'agit symboliquement de « récupérer » les grandes marques de commerce franchisé actuelles --- se définissant comme au centre de nos vies alors qu'elles se situent en périphéries des agglomérations. Et de remettre un projet sociétal derrière ces « marques » et au centre de Strasbourg (en lieu et place du consommationisme).
Une mémoire vivante et non sélective
La mémoire, l'histoire alsacienne et l'histoire de sa construction identitaire nous paraissent quelque peu oubliées, sauf par l'extrème-droite identitaire. Il nous faut nous les réapproprier : les enseigner, les faire vivre, et les inscrire dans l'espace public.
- Création d'un poste d'adjoint à « l'Identité alsacienne »
- Cette identité sera affinée en enseignant, outre la lettre de Guy Moquet, le calendrier des crimes outre-mer de Jacques Morel à remettre entre les mains de tous les écoliers strasbourgeois, et le concept de « malgré-nous » tel qu'il n'a pas été compris par Jacques Chirac lui-même qui délégua à l'inauguration du mémorial d'Alsace Moselle de Schirmeck le 18 juin 2005 le ministre alsacien de son gouvernement.
- Distribution du premier livre d'Histoire franco-allemand (en critiquant le traitement incomplet de la guerre en ex-Yougoslavie), et expérimentation de l'enseignement de l'allemand dès l'école maternelle.
- Voyage organisé à Oradour chaque année sur le modèle de Roland Ries en 1998.
- Développement « le Chemin de la mémoire et des droits de l' homme » du cidh autour de la Carrière et de la Chambre à gaz du Struthof.
- Distribution à tous les étudiants en médecine le rapport d'autopsie datant de 1946 des 86 victimes du professeur Hirt.
- Rappelons la part juive de notre Alsace selon l'adage de Tomi Ungerer : L'Alsace a été vendue à la France. Elle a été vendue à l'Allemagne.
Nous aurions dû la vendre aux juifs comme cela elle serait restée dans la famille. - Commémoration du pogrom final de tous les juifs de Strasbourg du 14 février 1349, à l'endroit actuel occupé par la Place de la République.
- Apposition d'une plaque au Pavillon Leriche en rappelant qu'il a été le premier président de l'Ordre des Médecins sous Vichy et qu'il a fait appliquer les lois raciales sur ses confrères juifs. Comment peut-on exécrer les autonomistes et les communistes en Alsace après guerre et rester si indulgents avec les vichystes ?
- Débat local à conduire sur la nécessité de débaptiser la place Kleber qui « honore » indûment un boucher. Pourrait-on la renommer place Tomi Ungerer ? Nous voulons poursuivre le canular qui a, en lui dédiant un musée, fait croire à sa mort.
- Baptême de rues Averroes et Menachem Taffel, Dulcy September, Thomas Sankara, Frantz Fanon…
- Il faut favoriser dans le cadre des cérémonies officielles la reconnaissance de la déportation et de la stigmatisation des minorités manouches, homosexuelles, Témoins de Jéhovah, usagers de la psychiatrie, etc. par le système totalitaire nazi.
- Rappelons que les premières victimes des nazis furent les sourds-muets.
Pour une démocratie locale constamment en travaux
La taille d'une ville comme Strasbourg ne doit pas nuire aux perpétuelles expériences et innovations démocratiques, toutes tournées vers une participation accrue de la population aux décisions de la commune.
- Nous pensons que la liberté, l'égalité et la fraternité seraient des idées intéressantes.
- Nous sommes pour le droit de vote pour tous ceux qui payent la tva à toutes les élections.
- Il nous semble nécessaire de ne pas accaparer le pouvoir, pour être capable de le lâcher après une mandature sans cumul de mandat ni cumul de strapontins honorifiques dans des entreprises publiques ou semi-privées. Il faut porter une attention particulière au recyclage des politiques après leur mandature pour qu'ils ne s'accrochent pas à leur délégation de pouvoir.
- La fonction de Maire et d'adjoints pourrait donc être tournante durant la mandature. Ainsi, nous arriverions à une Collégialité totale du pouvoir municipal. Plus de chefs, que des conseillers.
- L'opposition serait plus active et représentative. Par respect pour ses électeurs, nous donnerons du poids à ses avis.
- Parvenir en 10 à 20 ans à faire tirer nos élus au sort.
- Possibilité d'un référendum révocatoire par mandat.
- Organisation fréquente de référendums locaux (par quartier, par ville, sur toute l'agglomération).
- Plus de pouvoir et d'autonomie financière aux maires de quartier.
- Une partie du budget peut être confiée aux habitants selon un modèle local de démocratie participative à inventer. Arrêt des conseils de quartier fantoches actuels.
- Développement des services simples pour faciliter le contact direct entre les élus et les citoyens, l'accès aux comptes-rendus des conseils municipaux, etc.
- Nous sommes aussi pour l’élection d’un Maire de la Nuit afin de rendre Strasbourg aux noctambules et d’augmenter son espérance et sa durée de vie en la multipliant par deux.
- Création de nouveaux emplois municipaux : les « stimulateurs démocratiques », chargés de faire vivre le débat local et d'y intégrer toutes les populations.
- Nous sommes pour inviter les citoyens à se réapproprier l’espace politique et à prendre conscience qu’en plus des métiers de conjoints, de parents, d’enfants il y a aussi le métier de citoyen, que nous devons tous mieux polir afin de pouvoir aider les hommes et les femmes politiques qui seront à la tête de Strasbourg à partir de 2008 à rester en lien avec les réalités quotidiennes par une exigence et une vigilance quotidienne.
- Élection d'un conseil municipal du dimanche pour veiller au bien-être des habitants les jours fériés. Ce conseil municipal bis ne serait pas forcément de la même couleur politique que la municipalité principale. Une façon pour l’opposition de s’initier à la gestion collective et préparer l’alternance.
- Créer des « communes-barres » dans les cités hlm avec un maire et des conseillers municipaux élus au suffrage universel par les habitants. Après tout, un tiers des communes françaises ont une population de moins de 200 habitants, population d'un immeuble social de taille moyenne. Allouer à chacune de ces petites communes verticales une partie des impôts locaux pour développer des activités économiques sociales, culturelles ou de loisir. Les inciter aussi à jour la carte de l’intercommunalité pour des projets collectifs plus ambitieux.
Une politique de logement social d'ampleur
En parallèle des déclarations présidentielles sur la « France de propriétaires », le logement social est oublié ou vidé de sa substance, ici comme ailleurs, et rien n'est réellement fait pour stopper la flambée des prix de l'immobilier et des charges.
Nous sommes pour que le logement social reste l'apanage des collectivités publiques et de l'État.
- Nous voyons dans les politiques actuelles du logement social une dérive vers la privatisation. En effet, déjà les bailleurs privés peuvent toucher directement les allocations de logement dont leurs locataires sont bénéficiaires, à condition de respecter des loyers plafond. Cela permet à des propriétaires privés, individuels ou marchands de biens, de louer sans risque grâce à l'argent public. Le législateur voudrait encore aller plus loin dans les garanties données aux propriétaires privés au niveau des impayés de loyers et de la caution. Il y a bien là une volonté de transférer la fonction de logement social au privé.
- Ceci conduit inévitablement à tirer les loyers vers le haut (les propriétaires pratiquent les loyers maximums autorisés) tandis que les conditions de confort ne sont pas toujours convenables. Louer à des pauvres peut être très rentable dans les quartiers qui ont une mauvaise image.
Nous sommes opposés au slogan qui voudrait que toute la France devienne propriétaire.
- Faire miroiter aux familles l'avantage de la propriété, et leur faciliter l'acquisition par tout un ensemble de mesures, qui iraient du prêt à taux zéro au report du remboursement du terrain après que le bâti soit remboursé, c'est tromper les gens. En effet, ils auront à payer des charges qu'ils ne maîtriseront pas s'ils sont en copropriété, l'impôt foncier, et les travaux d'entretien qui deviennent inévitables quand le bâti a plus de 10 ans.
- On risque par là de mettre rapidement des familles en difficultés et en situation de surendettement.
- Reporter le paiement du terrain ne fait que prolonger la durée de l'endettement.
- Prêter à des personnes qui ne sont pas solvables n'est une solution ni pour elles, ni pour l'économie du pays (cf. la crise financière actuelle).
- De plus, si ces propriétaires fragiles doivent vendre leur bien, dans quelles conditions pourront-ils le faire ? Il est fort probable qu'ils s'en tireront très mal, surtout si le terrain n'est pas encore à eux.
- Une vente ne doit être possible qu'avec une information claire sur les couts cachés et en fournissant des prévisions financières et budgétaires limpides aux acheteurs.
Nous sommes opposés à la vente des habitations hlm.
- Le gouvernement veut imposer des quotas aux bailleurs sociaux pour les obliger à vendre une partie de leur parc. Quels seront les logements vendables ? Le meilleur de leur parc, les logements déjà loués à des classes moyennes, ceux qui sont les plus rentables pour le bailleur, et en premier lieu les maisons individuelles fort recherchées. En déposséder les bailleurs serait les affaiblir.
- Quant aux locataires qui achèteraient un logement dans le collectif, ils deviendront des copropriétaires isolés dans une copropriété où le bailleur détiendra la majorité. Ils devront suivre les décisions imposées par celui-ci.
- Que dire aussi du problème de la revente ? Les gens risquent de devenir propriétaires de logements invendables. Cette politique de vente des logements est encore une fois une façon de se décharger sur le secteur privé.
Nous voulons que les bailleurs sociaux aient accès à des terrains à prix modéré pour construire.
- Le coût du foncier, et c'est particulièrement vrai dans la cus, a explosé durant ces dernières années. Le bailleur social qui achète le terrain à sa valeur marchande ne peut pas construire des logements à faible loyer. Le prix du terrain est pratiquement équivalent au prix de la construction. Le bailleur est alors obligé de pratiquer les loyers plafond autorisés. Pour les nouvelles constructions hlm, les loyers se situent entre 5 et 6 € par m2, alors que dans le parc ancien, on trouve des loyers inférieurs à 4 € le m2 !
- La hausse des prix des terrains est partiellement due à une pénurie. Les nuits sans lune, allons avec nos seaux et nos pelles prendre du sable sur la rive droite du Rhin pour le déverser rive gauche, jusqu'à ce que les Kehlois s'en rendent compte.
- On pourrait conserver des loyers bas si les terrains étaient loués avec des baux emphytéotiques de longue durée pour une somme symbolique, ou si les collectivités constituaient des réserves foncières avec cession des terrains avec un abattement pour les bailleurs sociaux, ou en augmentant les subventions au titre de la charge foncière.
- Mais on observe de plus en plus souvent que les terrains sont vendus à des promoteurs immobiliers qui font leur projet, puis proposent la revente en véfa (Vente en l'État Futur d'Achèvement) à un bailleur social pour avoir les 20 % de logements sociaux obligatoires dans les opérations immobilières nouvelles. Dans ces ventes en vefa, le bailleur ne peut intervenir qu'à la marge dans le projet, le coût de construction est élevé et les loyers le sont aussi en conséquence. Dans ces conditions, on fait plus souvent du pls (logements dits intermédiaires non conventionnés) que du plus (logements sociaux conventionnés). Il serait plus intéressant pour le développement du logement social de pouvoir acquérir le terrain directement.
- Dans les conditions d'aujourd'hui, les nouveaux logements sociaux sont destinés aux classes moyennes, pas aux gens à très bas revenus ou ne disposant que des minimums sociaux. D'ailleurs, on nous prie de parler de « logement aidé » et non plus de « logement social ». Il est vrai que ces logements aidés là ne sont pas du tout sociaux !
Nous voulons un moratoire des démolitions de logements sociaux.
- Les politiques de renouvellement urbain ont conduit la cus à démolir depuis 1999 environ 1500 logements sociaux, à Neuhof, La Meinau, Cronenbourg. Il est prévu de poursuivre les démolitions à Neuhof, à Cronenbourg, à Hautepierre, notamment. Nous demandons un moratoire tant qu'un nombre équivalent de logements n'a pas été reconstruit.
- Les démolitions posent plusieurs problèmes. D'abord, pourquoi démolir, alors que l'on peut entretenir les bâtiments anciens et éviter qu'ils se dégradent ? La démolition peut être la meilleure solution dans certains cas, mais la plupart du temps, on a démoli pour d'autres raisons que l'état du bâti :
- Les « cités » hlm datant d'après-guerre fonctionnent mal. On pense réduire les difficultés de gestion de ces grands ensembles en démolissant des logements. Cela ne va rien résoudre tant que les situations économiques et sociales des gens ne s'amélioreront pas (cf. la politique de réhabilitation des hlm menée dans les années 90).
- Au nom de la mixité sociale, on veut faire partir « ailleurs » (mais où?) une partie des habitants des cités hlm. Plus de la moitié des logements détruits doivent être reconstitués « ailleurs », c'est-à-dire dans d'autres communes. En fait, il s'agit de « récupérer » des terrains situés à proximité des centres-villes pour transformer ces quartiers en zones résidentielles pour classes moyennes. En effet, maintenant, la demande se porte de moins en moins sur l'habitat à la campagne, à cause du problème du coût et de la difficulté des transports. Dans ce but, les terrains à Neuhof, à Cronenbourg, sont vendus à des promoteurs privés avec des rabais qui dépassent parfois 50 % ! Pire, cus-Habitat est contraint par le politique à céder des terrains qui lui appartiennent à des prix symboliques (à Neuhof), et n'a pas le droit de reconstruire sur son propre terrain (à Cronenbourg).
Où iront les pauvres délogés par les démolitions ?
- Si on démolit, les reconstructions doivent précéder les démolitions. Dans la cus, alors que l'on démolit depuis 1999, seule une trentaine de pavillons ont été construits pour la cité des aviateurs à Neuhof. Les autres constructions prévues au titre de la reconstitution de l'offre commencent seulement à être entreprises. Les premières terminées ne le seront pas avant 2009. Et leur nombre est loin d'atteindre les 1500 nécessaires (nous estimons à moins de 500 les programmes approuvés).
- Si on démolit, le plan de relogement doit précéder les démolitions, et prévoir des conditions de locations adaptées aux ressources des locataires à reloger. Ce n'est pas dans les nouvelles constructions que l'on peut trouver ces conditions, puisque dans l'état actuel des choses, les loyers qui y sont pratiqués ne sont pas accessibles aux familles très modestes.
- Si on démolit, on doit permettre à toutes les familles qui souhaitent rester dans leur quartier (et c'est le cas de 80 % des gens) d'y retrouver un logement. Ce n'est pas ce qui est prévu.
- Nous préconisons de conserver et d'entretenir le parc ancien. Quand le parc ancien est bien entretenu, on peut le conserver durant des décennies. On peut aussi réaliser bien des améliorations de confort, d'économies d'énergie, sans démolir. Il y a de nombreux exemples (la cité Garnier à Lyon, qui était vouée à la démolition, la Porte Pouchet à Paris…).
- Grâce à cette politique foncière, les constructions neuves sont privilégiées, et pas les « acquisitions-amélioration »
- Dans les logements sociaux réalisés par les bailleurs, on compte des constructions nouvelles et des opérations d'acquisition-amélioration. Il s'agit alors de racheter un immeuble déjà existant et souvent encore occupé. Le bailleur social l'intègre alors dans son parc, mais cela n'augmente pas l'offre de logements.
- Entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2007, soit 6 ans, la cus a approuvé 1058 opérations de logements sociaux neufs, et 1298 opérations d'acquisition-améliorations. Les bailleurs se tournent vers ces opérations, car ils ont du mal à trouver des terrains, surtout à des prix accessibles. Une politique foncière adéquate peut renverser les choses.
- Rappelons que le plh (Plan Local de l'Habitat) voté en novembre 2002 prévoyait 500 logements sociaux par an dans la cus, soit 3000 en 6 ans. On en est loin.
Il faut aller plus loin que la loi sru
- La loi sru impose aux communes de plus de 3000 habitants d'avoir 20 % de logements sociaux sur leur territoire. Mais de quels logements s'agit-il ? Les logements étudiants, pour personnes âgées, pour handicapés, sont comptabilisés dans les logements sociaux, de même que les logements de type pls, et ceux en accession sociale à la propriété. Par ailleurs, pour les logements de type plus, ou plai (logements très sociaux pour ménages en très grandes difficultés), tous les logements sont comptabilisés de la même façon, du F1 au F5 et plus. La tendance de beaucoup de communes est de privilégier les petits logements, pour les jeunes couples de leur commune.
- Nous militons pour que les communes créent des logements en plus et plai, et respectent une proportion de 10 % pour les grands logements, de façon à accueillir des familles nombreuses et des familles issues d'autres communes que la leur.
- Il faut limiter la vacance. La politique de renouvellement urbain menée sans reconstruire avant de démolir s'est appuyée sur une vacance élevée, du moins à cus-Habitat, de façon à reloger les locataires dans le parc existant.
- D'une part, nous demanderons aux bailleurs de ne plus laisser les logements vides en prévision des relogements à effectuer. D'autre part, grâce à notre politique d'entretien et de travaux, nous ne laisserons pas les logements se dégrader, et ne provoquerons pas ainsi la fuite des locataires.
- Il faut que l'hébergement d'urgence ne devienne pas un hébergement durable. Il faudra augmenter les places pour l'urgence. Mais il faudra surtout permettre aux gens qui sont dans l'urgence et qui veulent rester à Strasbourg de sortir de l'urgence. Pour cela, trois choses à développer :
- des résidences sociales avec un accompagnement social fort, pour une durée variable, de façon à permettre aux personnes de se reconstruire ;
- des logements du parc social réservés aux associations qui prennent en charge les personnes au sortir de l'urgence, en attendant que ces dernières puissent être en mesure d'assumer la situation de locataire autonome ;
- réserver un certain nombre d'attributions pour les familles qui sont aptes à être autonomes.
- La question de l'hébergement d'urgence ne peut pas se résoudre en augmentant sans cesse le nombre de places, mais en favorisant la sortie « vers le haut ».
- Il faut que des logements adaptés à des situations difficiles à gérer dans le collectif soient créés. Dans la cus, il y a des familles qui logent de façon très précaire alors qu'elles pourraient être dans un logement décent. Mais leur situation est parfois inadaptée au modèle du logement dans un immeuble hlm collectif. C'est le cas par exemple de familles très nombreuses (6 enfants et plus) auxquelles dans le collectif on ne peut proposer que des F5, de familles qui ont toujours vécu en caravane ou dans du provisoire, voire à la rue. Quand de tels cas se présentent, les bailleurs sociaux n'ont pas de solutions convenables. Les besoins sont limités à un très petit nombre de familles. Nous voulons que des logements adaptés à ces situations soient créés.
Construire de la culture commune
La production et la « consommation » culturelle et associative ne peuvent être que l'apanage du secteur marchand, puisque la culture, c'est nous, les citoyens ! Une mairie, tout comme un département ou une région doivent veiller par les actes à l'égale participation de tous dans le processus culturel.
- Revitalisation de la Maison des Associations, en transformant sa classification et en privilégiant celles qui ont un tropisme culturel et civique sans négliger les autres pour autant, telles les cyclistes et les boulistes et les adeptes de la savate. Les salles seront gratuites.
- Développement d'une mémoire des réseaux d'expériences civiques et communales utiles à la communauté.
- Développement d'un réseau des upq (Université Populaire du Quartier) où le voisin devient le professeur d'un jour. Nous pourrions rémunérer l'espace d'un an ou deux un citoyen qui voudrait s'occuper d'un cours (de français, de gastronomie, de socio, de remplissage de paperasses…), et il pourrait réintégrer son travail par la suite (s'il en avait un). Les cours se tiendraient essentiellement sur les places de nos quartiers.
- Nos théâtres et notre opéra donneront une séance gratuite par mois (ou son équivalent en places offertes), en distribuant les places en priorité aux plus jeunes et pauvres.
- Offrir à la bms des livres en langues étrangères qui ne seraient pas des romans.
- Créer à la bms une ludothèque et une bibliothèque d'outils.
- Distribution dans les bms de guides expliquant comment contourner les restrictions de copie sur les cd et dvd et profiter de son droit à la copie privée.
- Faciliter l'accès au savoir en vulgarisant la connaissance universitaire dans le cadre des upq, en rendant ainsi les spécialistes compréhensibles au tout-venant.
- Nous sommes pour un financement public strasbourgeois d'un réseau cohérent de cinémas et théâtres.
- Développement de l'enseignement de l'histoire des religions. Objectif : la laïcité moins religieuse.
- Favorisation du rôle des femmes dans les religions monothéistes.
- Pour contenter tout le monde équitablement, ne marions les personnes du même sexe que si ces personnes sont hétérosexuelles.
- Gratuité des musées de la ville, comme cela se fait à Paris et en Écosse.
Une ville de parrains, marraines, de dialogue et d'entraide
Notre expérience nous a montré que la société strasbourgeoise s’intéresse relativement peu aux personnes marginalisées. (Les dispositifs pour sdf sont très souvent inadaptés et la volonté de s’impliquer à leur côté de manière durable, défaillante). Le commun a souvent tendance à oublier les personnes en marge, les périphéries, les « autres » alors que nous pensons que le commun doit se penser à partir d'elles.
Pour des marges au centre
- Les projets de loi qui concernent la prévention de la délinquance appliquée à la psychiatrie, aux enfants de plus en plus jeunes, aux manouches, loin de privilégier la prévention, semblent préparer notre société à une position répressive plus affirmée, que nous ne pouvons pas soutenir.
- Nous-mêmes sommes, concernant les étrangers, qu’ils soient fraîchement régularisés ou clandestins après avoir été en situation régulière, ou demandeurs d’asile, fortement préoccupés parce que nous sommes convaincus qu’ils ne bénéficient pas du même traitement que les autres citoyens de résidence.
- Ces discriminations fréquentes, que même le Préfet du Bas-Rhin entretient en cautionnant les autorisations provisoires de séjour des étrangers malades « sans droit de travailler », contribuent à entretenir un climat relationnel qui tend à différencier les destins de chacun d’entre nous.
- Nous sommes favorables à des initiatives comme celles initiées par le réseau éducation sans frontière (resf) qui consistent à voir les citoyens individuellement ou en groupe, parrainés par d’autres personnes momentanément en situation de fragilité pour pouvoir les accompagner dans la récupération d’une dignité et d’une autonomie sociale.
- Il faut créer des contrats d'intéressements des professionnels de santé afin de faire mentir la halde condamnant les médecins spécialistes refusant d'accueillir les bénéficiaires de la cmu dans leur cabinet en leur offrant une entrée permanente, éternelle et gratuite aux cinémas l'Odyssee, Star et à Video Les Beaux Jours.
- Nous travaillerons à rendre inutile Médecins du Monde (MDM) afin que la médecine strasbourgeoise s'enorgueillisse d'accueillir chez elle « une grande partie de toute la misère du monde ». L'objectif de départ était de créer une structure qui n’était là que pour dénoncer et qui devait rapidement disparaître. On connaît la suite : non seulement elles n’a pas disparue, mais a perduré, et pire, a été reconnue, institutionnalisée, financée, officialisant ainsi la charité et privant les médecins « normaux » de la chance de soigner les pauvres, les incitant même à ne pas le faire en se débarrassant de ces patients gênants vers les structures « adaptées ». L’hypocrisie est à son comble quand des libéraux eux-mêmes se mettent à participer aux permanences de MDM pour soigner les patients qui devraient être dans leur cabinet. La bonne conscience est au rendez-vous, pas la justice.
- Offrons à chaque donneur de sang une entrée de piscine ou patinoire.
- Arrêtons la participation de la commune au téléthon.
Tout le monde parrain et parrainé à la fois !
- Nous sommes pour les parrainages républicains au plan culturel professionnel. Il s’agira de voir des personnes installées dans la société faire profiter de leur savoir-faire et de leurs connaissances les personnes qui aspirent à mieux s’installer dans cet espace commun.
- Nous sommes pour le parrainage des élèves de l'ena par une famille alsacienne.
- Nous proposons aussi aux Strasbourgeois d'adopter des députés européens.
- Nous sommes pour favoriser l’intervention dans les écoles et les lycées de parrains indépendants de l’éducation nationale qui pourraient faire profiter de leur expérience de vie leurs jeunes concitoyens (médecins, avocats, juges, artisans, chômeurs, mères célibataires, étrangers demandeurs d’asile, etc..)
- Il faut favoriser le nombre de places en crèches parentales et encourager la création de maisons de vie et de retraite parentales qui seront investies par les enfants de personnes âgées, engagées sur le modèle des crèches parentales, à raison d'une demi-journée par semaine aux côtés de leurs ancêtres.
- Il faut aller jusqu'à préconiser la réalisation de tests adn sur tous les résidents des maisons de retraite afin de retrouver les progénitures distraites ayant abandonné leurs vieux.
- Nous favoriserons les colocations entre personnes âgées et étudiants, entre personnes âgées et familles de demandeurs d'asile.
- Pratiquer le temps d’un week-end des échanges (volontaires) d’appartements entre personnes résidantes à la périphérie et habitants du centre-ville.
La rue, espace commun d'échanges en milieu tempéré
- En substitution des caméras de vidéosurveillance, des Hommes doivent être formés à la médiation et au dialogue par des troupes de théâtre utilisant le théâtre-forum.
- Il faut payer dignement ces médiateurs et auxiliaires de vie et ces policiers de proximité.
- Il faut donner envie à nos jeunes de devenir flic de proximité pour prévenir et non pas punir.
- Il faut octroyer un véritable salaire à ces métiers indispensables et utiles et nous débarrasser des emplois aidés qui fragilisent la force du salariat.
- Identification aux personnes dites handicapées en leur rendant la ville, en développant les systèmes sonores pour aveugles et les interprétariats en langue des signes (lsf). Nos trams annonceront leur ligne en morse grâce à leur sonnette.
- Lectures publiques de poésie en lsf.
- Dans la lignée des bibliothèques de rues d'atd quart monde, intégration de cette mission quotidienne « de rue » dans le cahier des charges de la bms. Complémentarité avec les bibliobus et, en été, les triporteurs bibliothèques.
Une commune qui sortirait du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ! » par les actes
En lieu et place des affirmations du « parler vrai » qui n'engage que ceux qui y croient, nous préférerions une municipalité qui agit et parle moins.
- Strasbourg doit débattre des bénéfices et inconvénients de se déclarer ville sans ogm.
- Strasbourg doit abandonner dans toutes les paroles municipales le préfixe « éco » et les adjectifs « durable » et « citoyen ».
- Dans tous les domaines de la commande publique, la municipalité doit s'employer à travailler avec des acteurs locaux :
- pour limiter les transports, des petites structures;
- pour éviter les externalisations de grands groupes, avec des acteurs dont elle s'appliquera à ne jamais devenir l'unique cliente ;
- pour ne pas reproduire les relations de dépendance de la grande distribution, en intégrant des normes sociales et écologiques justes. Elle privilégiera les scops et autres structures horizontales.
- Jour de la sieste : création d'un jour férié strasbourgeois de la sieste. Et plus généralement participation active de la Mairie à la semaine sans télé, ainsi qu'à toutes sortes d'initiatives conviviales, écologiques, sociales et antiproductivistes.
- La Commune doit veiller à ce que ses missions de service public et d'accès de tous aux besoins fondamentaux soient assurées. Elle doit par conséquent veiller à ce que des traités internationaux ne l'en empêchent.
- Nous sommes aussi pour déclarer Strasbourg ville démilitarisée en refusant de confier par exemple nos feux d'artifice aux sociétés qui fabriquent les mines antipersonnelles.
- Strasbourg doit créer le réseau des grandes villes lentes, groupement de communes mettant en commun leurs initiatives pour ralentir le rythme effréné de la vie citadine.
Des initiatives énergétiques défossilisées
Nous invitons les Strasbourgeois à dépenser un peu de leur énergie dans la vie locale, et pensons que la commune pourrait en revanche en dépenser beaucoup moins, ou en dépenser mieux.
- Arrêtons le laisser-aller et le gaspillage. Il faut réhabiliter les logements actuels et les bâtiments publics et lancer un vaste programme d'isolation thermique, méthode la plus efficace de réduire les dépenses tout en économisant de l'énergie, en privilégiant l'emploi des personnes habitant en « zones périphériques ». De l'emploi local, pour le local, non délocalisable.
- Subvention pour les logements sociaux et foyers démunis de l'isolation à toutes les échelles et des ampoules à économie d'énergie.
- Création d'un service de compostage municipal par quartier, comme cela se fait à Saint Philbert de Bo. Nous transformerons nos déchets fermentescibles en un produit noble, le terreau.
- Il faut encourager par des taxes et subventions les industriels et producteurs à prévenir et réduire les déchets, à développer des emballages raisonnables, à concevoir des systèmes de traitement des déchets facilitant le recyclage et la production d'énergie.
- Maintien dans le giron public de l'eau, de Gaz de Strasbourg et d'Électricité de Strasbourg, de la cts, et du traitement des déchets. Intégration d'une représentation des usagers dans les prises de décision, cahier des charges redéfini, intégrant de nouvelles contraintes en matière d'environnement et de social.
- Soutien à la création d'entreprises de ramassage et nettoyage de couches lavables, pour les collectivités et particuliers.
- Nous sommes pour le ramassage des poubelles le soir.
- Organisons des collectes d'ampoules compactes fluorescentes à recycler dans tous les points de vente.
- Imposons une taxe sur les ampoules « classiques » pour subventionner les ampoules plus économiques.
Information et désinformation
La cus doit tout mettre en oeuvre pour que les espaces de discussion et de débats ne soient pas constamment squattés par les mêmes (les professionnels de la parole publique, la cus elle-même et les bonimenteurs).
- Pénalisation et poursuites judiciaires des entreprises qui déposent des tracts dans les boites aux lettres refusant la publicité.
- Instauration d'une taxe de collecte des déchets et de recyclage du papier sur les tracts et journaux distribués gratuitement.
- Il faut sortir du contrat « mobilier urbain contre espace publicitaire » avec l'entreprise JC II & co..
- Remplacement des panneaux de publicité par des panneaux d'expression libre de diverses natures : ouvert à tous, ou ouvert aux associations, ouvert à la mairie, ouvert aux créateurs. Ainsi se révéleront des affichistes talentueux et nombres de journaux muraux. Les panneaux attribués à la création pourraient être le support d'artistes, obligés à une production par mois, en échange de l'octroi d'un atelier de la municipalité.
- Pour encourager la presse alternative et d'opinion, cus-impression pourrait proposer pour ce genre de documents des tarifs bas.
- Strasbourg magazine doit changer : 1/3 de l'espace à la mairie, 1/3 de l'espace aux assos, 1/3 de retranscription des débats locaux. Chaque numéro pourrait être affiché dans les abribus, dans transports en commun, ou ailleurs.
- Afin d'encourager l'échange, la créativité et la démocratie, les œuvres (textes, photos, plans, données statistiques, etc.) produites par ou pour la cus doivent être sous une licence type Creative Commons garantissant la liberté et la gratuité de l'utilisation et de la réutilisation. Cette licence serait appliquée rétroactivement.
- Création d'une chaine d'information locale, financée par la cus, réalisée par et pour les habitants, qui émettrait chaque jour son programme télévisé en lieu et place de la tranche locale du 19/20.
- Distribution de petites coquilles à coller sur la touche 1 de la télécommande, pour éviter de tomber sur TF1 par erreur.
Transports: moins et mieux
Face à la pollution quotidienne intense et aux pics de pollution de plus en plus fréquents, une politique de transport volontaire et cohérente urge plus que jamais ! Selon une étude européenne de 2002 (cf. APHEIS : Monitoring the effects of Air Pollution on Health In Europe), en ramenant la teneur en particules dans l’air à 20 microgrammes par mètre cube (au lieu de 23), 70 décès pourraient être évités chaque année à Strasbourg, ainsi que 21 hospitalisations pour des maladies respiratoires et 11 pour des problèmes cardiaques. Sur le Boulevard Clémenceau, l’air est nocif 196 jours par an. Cette pollution de fond n’est pas aussi médiatisée que les pics d’ozone l’été, mais a pourtant des conséquences sérieuses à long terme.
Des transports en commun gratuits
- À Strasbourg, la gratuité des transports en commun est une nécessité. Gratuité veut ici dire « payement mutualisé », c'est à dire par l'impôt, par tous. Le ticket s'apparente en effet de plus en plus à une taxe sur l'usager, sur celui qui choisit les transports en commun par souci écologique ou parce qu'il n'a pas d'autre choix. L'urgence environnementale implique que chacun soit impliqué dans le financement des transports collectifs et des transports doux. La gratuité devra s’accompagner d’une intensification des cadences de bus, d’un redéploiement de lignes dans certains quartiers, de bus à toutes les heures, de points de convergence entre tramways, autobus, pistes cyclables et trains.
- La gratuité des transports en commun est une mesure de santé publique qui s’impose. Trop de personnes souffrent de la pollution aux particules fines, à commencer par les enfants.
- Cette gratuité aura aussi de multiples conséquences : les employés de la cts ne seront plus des contrôleurs, mais leur fonction s'apparentera plus à de la médiation. Cette médiation devrait être elle-même réduite puisque les conflits dus à la fraude disparaîtront, et ceux au vandalisme seront plus minimes : on casse moins ce qui nous appartient, et l'on réagit plus à défendre ce qui nous appartient s'il est vandalisé.
- Les parkings-relais seront multipliés aux entrées de l'agglomération et seront gratuits.
- Aux pessimistes qui affirment que les transports en commun gratuits ne pourraient jamais marcher parce qu'ils perdraient leur valeur aux yeux de nos concitoyens, nous proposons de faire taxons un ticket de tram chaque voyage en escalator ou ascenseur public.
- Pour aller plus loin, vous trouverez ici une étude sur la faisabilité de cette mesure.
Vers un service public du vélo
- Le service Vélocation pourrait évoluer vers la création d’un vrai service public local de location de bicyclettes dans chaque quartier, disposant de moyens conséquents, qui proposerait également des formations gratuites à l’entretien du vélo et à son usage en ville, ainsi que des centres de documentation sur la petite reine et les transports doux - cela en partenariat avec les associations Vélostation, cadr67 et la fubicy (en s’inspirant de l’expérience de Pignon sur Rue à Lyon).
- Par ailleurs, les expériences de vélo en libre-service (type Vélo’v et Vélib dans d’autres villes de France) nous intéressent, mais le financement privé de celles-ci est un non-sens, car il a pour contrepartie l’installation de panneaux publicitaires faisant la promotion… de la voiture ! Le fichage rendu possible par l'équipement électronique des vélos nous dérange. Plus simplement, une pièce de 1 €, comme un caddie, permettrait à chacun d'emprunter un vélo. Il faudrait pour cela que le territoire soit inondé de ces vélos, ce qui rendrait absurde l'idée même d'en faucher un. Ce service public du vélo serait intégré à la cts.
Le vélo, ça s’apprend
- Plutôt que de sensibiliser nos enfants à la conduite automobile, l’école primaire devrait les former au respect des codes et usages qui régissent la chaussée à travers la pratique du vélo. Arrivés à l’âge du permis de conduire, ils seraient parés pour devenir des conducteurs respectueux des autres, piétons, cyclistes, motards et automobilistes. Le cadr67, qui intervient déjà dans ce sens, pourrait être chargé de cette mission. Il faudra bien sûr le doter de moyens à la hauteur.
- La mairie intensifiera ses aides à la création de pédibus et vélobus.
- Création de normes recommandées pour les vélos, notamment pour les freins, l'éclairage, les pneus, les casques, les sonnettes et les dispositifs rétro-réfléchissants, avec un contrôle technique volontaire.
Strasbourg zone 30
- Loin de constituer une utopie, l’abaissement de la limite de vitesse à 30 kilomètres par heure dans l’ensemble de la ville pourra facilement être mis en oeuvre. Il aurait pour effet, sans impact sur la fluidité de la circulation, de réduire de beaucoup la pollution atmosphérique et le bruit, ainsi que le nombre et la gravité des accidents.
Arrêt des projets routiers
- Pour inciter la population à utiliser les modes de transport doux, il faut rendre leur usage plus pratique que celui de la voiture. Mais le développement des premiers restera sans effet si dans le même temps le réseau routier ne cesse d’être étendu. Il est impossible de favoriser à la fois les transports doux et l’automobile. Nous demandons donc l’arrêt définitif du projet de Grand Contournement Ouest dont toutes les études montrent qu’il aboutira à une augmentation du trafic de voitures et de poids lourds. Le gel des autoroutes, décidé au Grenelle de l'environnement, ne comprend pas les « rocades »…
- Il s'agirait de combiner intelligemment la réduction progressive de l'embonpoint bagnolesque et le développement des transports alternatifs pour ne pas produire d'embouteillages, puisqu'ils sont très polluants.
Des réseaux interquartiers verts
- Création d’un réseau vert de rues reliées entre elles et réservées aux seuls usagers sans moteur, comme cela existe déjà dans d’autres villes et bientôt à Paris. Il pourrait s’étendre d’un bout à l’autre de l’agglomération, sans oublier les liaisons inter-quartiers.
- De manière plus large, nous demandons une relance active, en concertation avec les habitants, d’un programme d’aménagements cyclables pour au moins égaler Fribourg-en-Brisgau où les déplacements quotidiens se font pour un tiers à bicyclette ou à pied, un tiers en transports en commun et un tiers en voiture.
Des places dé-parking-isées
- Certaines places de Strasbourg ne sont en fait que des parkings en plein air dont la capacité excède le seul stationnement résidentiel. Les déplacements à l’intérieur ou depuis l’extérieur de l’agglomération pouvant se faire en transports en commun et en utilisant les parkings-relais, ces parkings peuvent être supprimés. Ils gâchent en effet une place précieuse dans nos villes où la chaussée occupe un cinquième de l’espace. Implantés comme une verrue disgracieuse au coeur d’un quartier, ils sont l’ennemi de la vie urbaine conviviale.
- Et si on les remplaçait par des bancs et des arbres, par des boulodromes, par des parcs, par des jardins à cultiver ensemble ?

